Pointe-Noire : des béninois dans le noir

Pointe noire : des béninois dans le noir

Des pêcheurs  béninois sont devenus depuis un fort moment comme une peste pour les autorités du Congo Brazzaville qui ne veulent plus d’eux.  

L’agrandissement du Port de Pointe – Noire est l’alibi savamment trouvé pour se débarrasser d’eux comme un papier hygiénique. Les faits, qui se doivent d’inquiéter tout béninois jaloux du bien être de ces compatriotes, ont pris une tournures drastiques, sans remède adéquat  depuis le 05 Novembre dernier. En ce sombre jour, les nôtres, damés de la terre brazzavillois, sont délogés de leur hutte. Le retour au bercail est devenu un impératif depuis lors pour 5000 béninois qui comble de déraison, refusent  d’avoir les pieds sur térre… Dilemme !  Tout analyse faite, laisse à croire que  les autorités du pays hôte ne veulent plus de cette main d’œuvre. Cette diaspora installée à Pointe Noire au Congo connaît une traversée du désert. Trois semaines déjà que ces âmes innocentes  hument l’air, meurtries, dans le noir,  sur les  plages  de Pointe Noire au Congo Brazzaville, dans l’attente d’un éternel messie comme le Juifs. Le fait est qu’ils s’obstinent à quitter les choses. Avouons-le, ils ont été mis en garde à plusieurs reprises, pis, dans une lettre circulaire en date du 09 Septembre 2004, demandant qu’ils plient leur bagage. C’est ainsi que le nationalisme du Congo a eu raison d’eux. A présent, ces immigrés n’ont ni dieu, ni sauveur, pour leur fournir couverture et abri. De part et d’autre, c’est l’indifférence absolue. De là, livrés à la nature, ces béninois connaissent la croix et la bannière à Pointe Noire, sans eaux, sans lumières, et sans vivre. On eut dire les damés du nouveaux cinquantenaire.

Ressortissants des régions lacustres comme Grand-Popo, ils vivent depuis cinq décennies dans le domaine querellé qui, à l’origine, est un gros village. Devenant de plus en plus nombreux, soit 5000 âmes environs, cette forte concentration de la communauté béninoise  dans cette zone est devenue une menace démographique, constate-t-on, pour les autorités politiques de Pointe – noire. Pour amoindrir le taux de chômage de plus en plus galopante dans leur pays, l’autorité a pensé à la nécessité de s’en prendre à ces juifs de l’Afrique de l’ouest, immigrant endurci devant l’éternel. L’agrandissement du Port, aux mains des Chinois, dit-on,  n’est donc qu’un prétexte savant pour se débarrasser des populations étrangères. Politique discrétionnaire de l’état d’accueil, oblige !  

Alors, l’erreur fatale des béninois est qu’ils ont passé tout leur temps à trop s’auto-victimiser au lieu de faire face à la situation. Cette communauté en est pour beaucoup dans ce désastre. Ils devraient envisager vite leur retour inévitable au bercail. Maintenant, ils doivent s’en prendre à eux-mêmes au lieu de chercher un bouc émissaire là où, il n’ y en a pas. Ils sont victime de leur caractère sceptique consistant à refuser de croire que les autorités de Pointe – Noire ne voulaient plus d’eux, en végétant dans un soubresaut de correspondances criant à l’injustice. Diantre, ils oublient que la raison du plus fort est toujours la meilleure.

Depuis lors le consul Isidore BESSANVI et  l’ambassadeur  du Bénin au Niger M. Edouard Aho Glélè jouent aux sapeurs pompiers, conscients que le meilleur remède est le rapatriement.  

Pendant ce temps, certains,  allant vite en besogne, pronostiquent au sujet d’une  récupération politique du dossier à Cotonou, oubliant que le ministre des affaires étrangères a effectué le déplacement sur Pointe- Noire. Mais, qu’a-t-il au juste à récupérer ! Sans compter le fait que nos Hommes politiques sont des charognards à desseins machiavéliques qui échappent aux communs des mortels, le moins qu’on puisse souhaiter est que les nôtres reviennent au bercail avant que le pire n’arrive comme il en a été pour les béninois de la diasporas nigérianes, victime d’un rapatriement forcé. Bienvenue par anticipation donc à nos frères si le régime en place, capable de tout, n’ a pas déja pris une ordonance interdisant l’ entrée au bercail à tout béninois, ayant séjourné loin du pays plus d’ une décennie durant. J’ exagére, diriez-vous, alors qui sait si le Chantre du Changement comme je veux etre optimiste, dans ses brusques magnanimités, les élections approchant, en dehors des échangeurs , n’ envisage pas d’ ériger, un monument  aux immigrés de Grand-Popo, dans ladite ville en souvenir de tous ces jours dans le noir au pointe noire.

Wilfried D. CRECEL

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